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Après l’affaire Weinstein, Lena Dunham remet les pendules à l'heure

Après l’affaire Weinstein, Lena Dunham remet les pendules à l'heure

La créatrice de « Girls » dénonce le silence des hommes à Hollywood.

Par Clémentine Spiler

Le producteur hollywoodien Harvey Weinstein vient d’être viré de sa propre entreprise. Des accusations d’agressions sexuelles et de viols se multiplient contre lui depuis la semaine passée, dans le New York Times et le New Yorker. Parmi elles, celles d’Asia Argento, Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Emma De Caunes et bien d’autres. À l’appui, un enregistrement - à vomir - réalisé par la NYPD dans lequel Weinstein essaie d’attirer la mannequin Ambra Battilana Gutiérrez dans sa chambre d’hôtel contre son gré.

À Hollywood, tout le monde s’accorde à dire que tout le monde savait. La plupart des femmes qu’il a agressées étaient de jeunes actrices en début de carrière, sur lesquelles ce producteur tout-puissant pouvait exercer une pression monstrueuse. Asia Argento, abusée sexuellement par Weinstein il y a vingt ans, raconte qu’elle avait peur qu’il ne détruise sa carrière : « Il a détruit beaucoup de carrières. C’est la raison pour laquelle mon histoire, qui a vingt ans - mais certaines histoires sont encore plus anciennes - n’est jamais sortie », explique-t-elle au New Yorker. 

girls

Dans une tribune publiée dans le New York Times, Lena Dunham, scénariste, réalisatrice et actrice multi-récompensée, notamment pour les six incroyables saisons de la série Girls, dénonce le silence des hommes quant au sexisme et aux abus sexuels dont sont victimes les femmes à Hollywood. Arrivée à Hollywood à 23 ans, elle a été (relativement) protégée par son succès fulgurant de la pression exercée par les hommes les plus puissants du microcosme californien.« La semaine passée, les témoignages contre Harvey Weinstein ont démontré que beaucoup de femmes à Hollywood n’ont pas eu autant de chance que moi. Les abus, les menaces, et la coercition ont été la norme pour la plupart des femmes qui voulaient faire du business ou de l’art. »

« Pourquoi ce silence assourdissant, particulièrement de la part des hommes de notre industrie ? Alors que l’un d’entre nous s'avère avoir le mauvais penchant d'aimer humilier et traumatiser les femmes ? Il n’y a rien de nouveau ici. Woody Allen, que sa fille accuse, malgré ses démentis, de l’avoir abusé enfant, travaille toujours avec les plus grandes stars hollywoodiennes. Roman Polanski, dont les victimes continuent de se déclarer, est considéré comme un visionnaire qu’il faut défendre », déclare Dunham.

« Malheureusement, c’est le problème de tous. C’est le problème des agents qui envoient leurs clientes rencontrer un homme dont ils savent qu’il est un prédateur, qui les poussent à travailler sur leurs tournages. C’est le problème des producteurs qui ferment les yeux sur les faits. C’est le problème des acteurs qui ont entendu les rumeurs, mais qui retournent jouer aux jeux vidéo dans leur loge. C’est le problème des médias qui n’ont jamais rien dit de peur de perdre les faveurs de Weinstein. Ce n’est pas, comme certains l’ont suggéré, le problème des femmes qui ont eu peur de raconter leur histoire, ou qui ont accepté une compensation financière de la part de M. Weinstein. » La tribune est à lire sur le site du New York Times.

Visuel © Girls