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Depuis Israël, Liraz chante l’émancipation féministe

Depuis Israël, Liraz chante l’émancipation féministe

Le morceau « Zan Bezan » annonce l’arrivée d’un deuxième album. Il est en exclusivité sur Radio Nova.

Par Bastien Stisi

En Israël, Liraz est une véritable star. Vue dans quelques productions hollywoodiennes (A Late Quartet, Fair Game), personnalité du cinéma et de la télévision israélienne, elle est pourtant d'origine iranienne, un pays dans lequel elle ne peut plus se rendre en raison des tensions politiques viscérales qui empêchent aux deux États de vivre correctement ensemble depuis des années. Via la carrière de chanteuse qu’elle a entamé récemment, et qui a abouti en 2018 à la sortie d’un premier album remarqué (Naz, Dead Sea Recordings), elle mêle arrangements traditionnels persans et sonorités contemporaines, et chante les marges, les inégalités, l’Espoir avant un grand « E ».

« E » comme « exil », aussi, un thème naturellement omniprésent dans des chansons qui revendiquent l’influence des grandes icônes de la musique iranienne — on pense bien entendu à Googoosh, légende vivante du côté de Téhéran — et qui, depuis Israël, sont composées et interprétées en farsi, langue majoritaire en Iran, mais qui ne l’est pas à Jérusalem, Haïfa ou Tel-Aviv…

Sur Nova, de Liraz, on vous jouait le magnifique « Nozi Nozi », titre féministe qui faisait référence à l’archétype iranien de l’épouse parfaite. On vous propose aujourd’hui, et en exclusivité, d’écouter « Zan Bezan », ode, là encore, à une émancipation féministe totale. « L'Iran n'appartient plus ni à moi ni à mes parents », dit-elle. « Pourtant je peux décrire avec précision ses plus beaux lieux, ses odeurs, ses couleurs. La chanson est un symbole de la lutte contre ceux qui veulent supprimer ces femmes que nous représentons. Dans la vidéo je suis moi-même, je chante avec des femmes et je chante pour les femmes. » Le clip, tourné en Turquie, est réalisé par Mu Tunc. « Nous voulions changer l'image stéréotypée des femmes orientales, qui sont toujours représentées passives. Là elles sont habitées de l'amour de Liraz pour son héritage iranien. », dit-il à son tour.

On pense au travail du photographe marocain Hassan Hajjaj, récemment exposé à la Maison européenne de la photographie (renommée pour l’occasion Maison marocaine de la photographie), dont le travail photographique montre, là aussi et via des portraits intenses et ultra-colorés, des femmes dé-faites des fantasmes orientalistes hérités du XIXe, et représentées dans des gestuelles revendicatrices, guerrières, frondeuses, libres. Comme ces femmes iraniennes qui, dans ce clip de  « Zan Bezan », portent le voile mais ont tout de même la place, puisque le vêtement est large et que l’esprit est ample, de lever le poing bien haut dans les cieux ? L’idée est la même, l’idée est belle.

« Zan Bezan » annonce l’arrivée du deuxième album de Liraz, qui sortira en mars 2020 via Dead Sea Recordings.  En attendant, vous pouvez toujours la retrouver sur la NovaTunes 3.9. Liraz sera aussi en live le 4 décembre au Festival Jazz n' Klezmer au New Morning et le 6 décembre aux Transmusicales.

Visuel © Ariel Bendet