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En Azerbaïdjan, le club qui ravive la vie nocturne du pays

En Azerbaïdjan, le club qui ravive la vie nocturne du pays

Le In de Bakou, nouveau Berghain de Berlin ?

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Dans BAM BAM, notre focus du jour se penche sur la nouvelle scène club à Baku, la capitale de l’Azerbaïdjan.

Si Bakou est la plus grande et la plus prospère des villes du Caucase, son offre en terme de clubs de musique électronique demeure extrêmement restreinte, comme nous le raconte le site ElectronicBeats. Pendant longtemps, la vie nocturne de la capitale de l’Azerbaijan, ancienne république soviétique indépendante depuis la dissolution de l'URSS en 1991, se résumait en effet à des clubs à Chicha avec un mélange de musique occidentale, russe et turques, et des 4x4 de luxe garés devant.

Mais un collectif de passionnés, nous dit-on encore, tente de changer les choses. Un groupe d’amis a en effet ouvert le club In - contraction du mot « indie » en Azeri, qui veut dire « maintenant » - , un club influencé par le Berghain de Berlin, bien sûr, mais aussi par le club phare de la nouvelle capitale de la techno en Europe de l’Est : Bassiani à Tbilissi, en Géorgie, pays voisin de l’Azerbaïdjan. Ce club de Bakou, il a notamment été lancé par un passionné, Natig Ismayil, qui pendant longtemps n’hésitait pas, tous les week-ends, à effectuer les sept heures de routes qui séparent les villes de Baku et de Tbilissi pour aller faire la fête. Sept heures de route, c’est sans compte, aussi, les heures d’attente passées à la frontière des deux pays…

En 2015, une première version du club ouvre dans le centre-ville de Bakou. Le club est cependant rapidement fermé à cause des nuisances sonores et des plaintes du voisinage. Quelques mois plus tard, une seconde version du club ne connaît pas plus de chance. Trop ambitieux, trop grand, pas assez rentable. Plus tard, une troisième version du In s’arrête dès la première soirée de lancement, après que le propriétaire du lieu n’appelle lui-même la police afin d’évincer ses locataires. Aujourd’hui, le In a enfin trouvé son lieu, une ancienne imprimerie abandonnée, et a construit son propre sound-system car il pouvait s’en offrir un, avec l’aide d’un ancien technicien du son d’une radio soviétique. 

500 raveurs chaque semaine

Auto-financé (en Azerbaïdjan, les autres initiatives culturelle sont souvent appuyées par le gouvernement ou l’industrie pétrolière), le club s’engage aussi pour la protection de la vie privée de ceux qui viennent y danser, et ce dans un pays où la culture rave est encore beaucoup répréhendée. Le club interdit donc l’usage de téléphones au sein de l’établissement. De 50 danseurs en 2015, le In accueille maintenant 500 ravers chaque semaine. Et d’après ElectronicBeats, ils dansent avec un ferveur de liberté qu’on ne croise plus dans beaucoup de clubs européens et nous, à BAM BAM, on n'est pas loin de prendre des billets pour aller voir.

BAM BAM, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel : (c) Getty Images / Contributeur / Bloomberg