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Et si Internet était la boîte de Pandore ?

Et si Internet était la boîte de Pandore ?

La chronique de Jean Rouzaud

Par Jean Rouzaud

Voici la légende de la Grèce antique : Prométhée vole le feu aux dieux pour l’offrir aux hommes. Zeus veut se venger et demande à Vulcain de fabriquer une femme faite de terre et d’eau pour Prométhée, mais avec un cadeau empoisonné : la boîte maléfique qu’il ne faut jamais ouvrir…

Pour que Prométhée accepte le présent, d’autres dieux donnent à cette Pandore beauté, adresse, intelligence, grâce, flatterie, séduction et tromperie ! C’est le frère de Prométhée, Épiméthée qui cède, et épouse Pandore…

Pandore signifie « doté de tous les dons ». Pandore ouvre la boîte et tous les maux se répandent sur Terre : haine, jalousie, médisance, tromperie, diffamation… L’espoir reste bloqué dans la boîte maudite.

L’internet EST Pandore, c’est-à-dire la technologie : admirable, sans limite, au service de l’humanité, efficace, inimitable, parfaite… On ne peut la refuser, tant ses talents sont innombrables.

Darkweb
(c) Getty Images / Thomas Trutschel

Ubiquité, facilité et mémoire sans limite

Fait de terres (rares) et d’eau pour sa fabrication, internet est doté de dons magiques : rapidité, ubiquité, facilité, mémoire sans limite…

Mais voilà qu’une fois grande ouverte, la boîte Internet  (box) répand sur le monde haine, mensonge, tromperie, jalousie, chantage, incitation aux pires violences, manipulation… Sans espoir ?

Si vous ne voyez pas le rapport entre le mythe de la boîte et nos petites machines, qui s’ouvrent pour envoyer et recevoir des messages, alors vous n’avez pas un grand sens des mythes, des images et du sens large des prédictions, même datant de milliers d’années…

Aucune superstition là-dedans. Juste la correspondance exacte entre une ancienne légende exemplaire, qui nous parle des effets pervers de ce qui est plein de promesses, de ce qui attire, charme et flatte nos egos.

Éternelle illusion des hommes, tragiques apprentis sorciers, qui ne peuvent s’empêcher de manipuler la force et le feu.

Visuel en Une (c) Pandora de John William Waterhouse