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Facebook veut vos nudes, mais c’est pour votre sécurité

Facebook veut vos nudes, mais c’est pour votre sécurité

Pour lutter contre le « revenge porn », Facebook veut voir vos photos dénudées.

Par Clémentine Spiler

Le revenge porn, c’est cette merveilleuse invention qui consiste à humilier son ex en mettant en ligne des photos dénudées d’elle ou lui en ligne, sur les réseaux sociaux par exemple. Pour lutter contre ce fléau, Facebook effectue actuellement des tests en Australie, et a demandé à ses utilisateurs… de leur envoyer leurs photos intimes. En somme : pour cacher vos nudes, envoyez-les donc au plus grand réseau social du monde.

Ça ressemble fortement à une blague, mais la logique est là : si le réseau social connaît ces photos, il pourra les détecter en cas de mise en ligne et les supprimer automatiquement. Comme le note Le Monde, ce projet est le résultat d’une collaboration entre Facebook et l’organisme gouvernemental australien chargé de la cyber-sécurité. Par ailleurs, le réseau social se défend de stocker ces photos. Selon Julie Inman Grant, la commissaire à la cybersécurité, Facebook n’en gardait qu’une « empreinte digitale ». « Ils ne conservent pas les photos. Ils conservent le lien et utilisent des intelligences artificielles et des technologies de correspondance d’images », déclarait-elle à ABC

L’Australie est l’un des pays dans lesquels le revenge porn est le plus virulent. En mai dernier, une étude menée sur un échantillon de 4 200 personnes révélait qu’une sur cinq en avait déjà été victime. Cette étude démontrait notamment que les minorités sont les plus vulnérables. Le risque d’être victimes de revenge porn ou de « sextorsion » (un chantage qui s’appuie sur ce genre de photos) est plus élevé dans la communauté aborigène australienne, les communautés LGBT, ou chez les personnes handicapées. En France, le collectif Féministes contre le cyberharcèlement tire depuis longtemps la sonnette d’alarme sur ce sujet, appelant régulièrement les plateformes à durcir leur politique contre le harcèlement sexuel. 

Visuel : © Wikimedia Commons / Maurizio Pesce (Photomontage Radio Nova)