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Fini les disques d'or à tout-va

Fini les disques d'or à tout-va

Le SNEP a largement durci les seuils de certifications des disques.

Par Morane Aubert

Ce mercredi, le SNEP (Syndicat National de l'édition Phonographique), faisait deux annonces concernant les certifications des disques, en or, platine ou diamant. La première, attendue, consiste en un réajustement à la hausse de 50% pour la certification des singles. Il faudra désormais 15 millions d’équivalents stream pour l’or (au lieu de 10 millions), 30 millions pour le platine (au lieu de 20) et 50 millions pour le diamant (au lieu de 35).

Pour Sophian Fanen, auteur de Boulevard du stream: du mp3 à Deezer, la musique libérée, les anciennes certifications ne faisaient tout simplement plus sens, « Les seuils avaient été baissés à l’époque de la crise du disque dans les années 2000 parce qu’il n’y avait plus de disques qui parvenaient à être certifiés platine ou de diamant. Mais comme l’économie repart et que le streaming génère un gros volume d’écoute, ça commençait à ne plus avoir de sens. »

Il poursuit : « le moindre disque de rap qui marchait se retrouvait disque d’or en une semaine. Chez les rappeurs c’était devenu un peu une blague, si t’as pas eu ton disque d’or dans la semaine t’es un nul. »

La deuxième annonce du SNEP est plus surprenante puisque désormais, les classements officiels et les certifications ne prendront en compte « que les seules écoutes en streaming issues de la consommation premium ». Un choix justifié pour sa mise en avant de la « véritable source de valeur générée par la consommation de musique », peut-on lire dans le communiqué. Une méthode déjà appliquée en Allemagne et en Italie, comme nous l’explique Sophian Fanen, mais plus nuancée aux États-Unis avec le célèbre classement du Billboard, qui « donne plus d’impact aux écoutes payantes mais qui prend tout de même en compte les écoutes gratuites ».

En France, les écoutes gratuites deviennent donc des espèces « d’écoutes fantômes » bien que les abonnés payants écoutent davantage de musique que les gratuits. « Je trouve ça un peu dommage d’abandonner certaines écoutes et de considérer qu’elles ont moins de valeur. Pour moi, une écoute gratuite n'est pas moins noble qu’une écoute payante » conclut Sophian Fanen. 

En 2017, 469 singles ont été certifiés (dont 17% de diamant, 29% de platine et 54% d’or), contre 145 en 2016 et 42 en 2015. 

Visuel : (c) Getty Images / ullstein bild