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Joost Swarte, dauphin de la ligne claire

Joost Swarte, dauphin de la ligne claire

La chronique de Jean Rouzaud.

Par Jean Rouzaud

À la suite du succès mondial de Tintin, traduit dans le monde entier (!) la question s’est posée : pourquoi ? Comment ? Puisqu’il existait des milliers d’autres bandes dessinées…

Joost Swarte

Mais l’école belge dominait et Hergé, le père de Tintin, en était le roi, malgré les merveilles de Vandersteen, Jijé, Jacobs, Franquin etc. Des Flamands et quelques Wallons !

La réponse fut donnée sous l’appellation de « Ligne claire ». Une méthode de dessin dépouillée, sans aucune ombre ni hachure, uniquement faite d’un trait égal et régulier, un peu comme les estampes japonaises ou chinoises, ultra efficace.

Pour compenser cette simplicité,  ce « simple » cerné » (comme les plombs d’un vitrail), tous les éléments sont parfaitement justes, documentés et proportionnés.

Dès les années 70, la nouvelle génération, surtout les Hollandais (Joost Swarte et  Ever Meulen…) vont reprendre ce style, en encore plus design et rétro, avec voitures, immeubles, villes et objets ultra-graphiques, beaucoup plus réinventés qu’aux débuts de cette technique de B.D., à succès mondial, si rapide et définitive.

L’Underground et la Free Press sont passés par là, et il s’agit d’imaginer un univers nouveau, fantastique mais très stylisé, et surtout très référencé à l’école belge et à la sacro-sainte ligne claire.

Jojo De Pojo : Tintin hollandais

Swarte crée même un héros ressemblant à Tintin, avec pantalon de golf et pull over, mais avec une sorte de masque noir prolongé par une excroissance : la houppette de cheveux de Tintin, surdimensionnée comme une tentacule noire et bizarre…

The New Yorker

Swarte va devenir le dauphin de la ligne claire, celui qui reprend le flambeau, mais en le détournant et en le modernisant à fond… Avec une précision confondante, et une bonne dose d’ironie (comme quoi, depuis les peintres primitifs flamands du XVIe siècle, il y a une « touche » de finition inimitable dans ce petit pays !) En plus des B.D. et illustrations ainsi que des objets design, Swarte réalisera  de nombreuses couvertures du magazine The New Yorker.

Joost Swarte. Album Passi, Messa !. Comment améliorer son sort en 150 leçons (sorte de « ne faites pas ci, mais ça » en double pages). Aux Éditions Dargaud. 300 pages. 25 euros (Ces doubles pages noir et blanc avaient été publiées chez Futuropolis en 4 volumes , de 1985 à 1992 avec un absent… Dargaud reprend ici les 5 volumes réunis en album cartonné , glacé. Format 15x18cm).

Joost Swarte

Visuel (c) Joost Swarte