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Trois associations LGBT portent plainte pour « génocide » contre la Tchétchénie

Que quelqu'un briefe Emmanuel Macron, ça devient urgent.

Par Clémentine Spiler

Stop Homophobie, l’association Mousse, et le Comité Idaho France portent plainte pour « génocide » devant la Cour pénale internationale contre Ramzan Kadyrov, le président Tchétchène. Depuis le 1er avril il est de plus en plus avéré que cette petite république du Caucase mène une politique d’arrestations, d’enlèvements, d’internement, et possiblement d’assassinat des homosexuels. 

Dénoncées par le journal d’opposition russe Novaïa Gazeta, ces actions sont largement condamnées par l’opinion publique et les ONG mais les gouvernements tardent à agir. Angela Merkel a publiquement pris position en interpellant Vladimir Poutine qui, après un long silence a finalement annoncé qu’il lancerait une enquête sur « les informations ou rumeurs, si l’on peut dire, concernant ce qui se passe chez nous dans le Caucase du nord avec des gens à l’orientation sexuelle non traditionnelle ». 

« Il n’y a pas de gays en Tchétchénie »

Une enquête qui rencontre un premier obstacle de taille : selon le Président tchétchène, « il n’y a pas de gays en Tchétchénie ». Il ne peut donc pas y avoir de camps. Ni de génocide. Ramzan a tout de même cru bon de préciser que s’il y en avait, ils mériteraient de mourir. 

En attendant, les preuves s’accumulent. Novaïa Gazeta publie, dès le 2 avril des témoignages, des preuves photographiques, une localisation précise du camp et met en place avec une association LGBT russe une hotline pour recueillir les témoignages des homosexuels qui ont pu sortir de ces prisons. Dans une interview à Télérama, Elena Milashina, la journaliste à l’origine de ces révélations (déjà menacée de mort pour des révélations sur la Tchétchénie) détaille les témoignages collectés par ce biais. 

Des témoignages précieux qui ordonnent à la communauté internationale de prendre position. 

« Imaginer que des personnes viennent témoigner sans garantie de sécurité est tout simplement impossible » 

Ce sont les mots de Tania Lokchina, de l’ONG Human Rights Watch, à l’AFP, qui rappelle que sans protection d’états étrangers, sans statut de réfugié accordé à ces rescapés, personne ne témoignera. Le Canada, la Suède, la Finlande et l’Allemagne délivrent des visas d’urgence pour rescapés et fugitifs. On attend la prise de position du nouveau président.

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