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Alain Damasio : « Quels degrés de liberté avons-nous perdus ? » (1/2)

Alerte aux « Furtifs » ! Dans l’angle mort de l’ultra-libéralisme, l’auteur de La Horde du Contrevent imagine des créatures indétectables capables de nous inciter à « déchirer la soie de nos cocons numériques ».

« Une forme de chauve-souris très aplatie, translucide... », les « oreilles en pavillon », une « triple aile », « quatre pattes en dessous ». « À l’image du son, le furtif ne connaît pas d’état arrêté. L’imprévu est sa nature. Tous deux, furtif et son, relèvent de la transformation perpétuelle, impossible à bloquer, fixer. () Cette vitalité fait peur, bien sûr. Elle suscite l’appréhension. Parce que le furtif reste incontrôlable ; quand nous l’identifions l’espace d’un instant, il est déjà autre. »

Furtifs

France, 2040. Dans les villes privatisées jusqu’à la nausée, des citoyens continuellement filmés, épiés, notés, bien dociles, voient leurs maigres capacités de révolte endormies par le doux « nuage » du « techno-cocon », cette zone de confort numérique paramétrée par leurs soins, esclaves ravis d’une d’une dystopie ultra-libérale où les consommateurs s’auto-aliènent en se mettant en scène, eux-mêmes, comme des produits. À l’ombre de cette société du tout-visible connecté, des créatures mythiques, métamorphes et insoupçonnables, sèment la zizanie : les furtifs, « plus haut niveau du vivant », « alliance du végétal et de l’animal », qui auraient dit-on réussi à fusionner avec une petite fille possiblement contagieuse, échappant désormais à tout contrôle, et que le gouvernement voudrait capturer à tout prix... 

Damasio

Les Furtifs sont l’événement S.-F. de l’année. Quinze ans de réflexion, trois ans d’écriture pour un pavé jaune vénère de romanesque baroque, remuant, dont les 700 pages caracolent en tête des ventes, accompagnées d’un disque de déclamations mises en son par Yan Péchin, le tout publié par un éditeur indépendant (La Volte). Lyonnais installé à Marseille, Alain Damasio, 49 ans, arrive le dos lesté d’un énorme sac à dos orange, comme revenant d’une longue marche. Et puisqu’il n’a pas de téléphone portable, l’auteur acclamé de La Zone du dehors (1999) et de La Horde du contrevent (2004, Grand Prix de l’Imaginaire, 300 000 exemplaires vendus) se déplace en demandant sa route, pour trouver l’angle de rue où se cachent les nouveaux studios de Nova, encore mal identifiés par les traceurs de géolocalisation. Comment reprendre le contrôle de nos vies sous surveillance ? Nous avons deux heures pour en parler, le temps d’un entretien en deux épisodes d’une heure, ce soir et demain - à l’affût.

Pour écouter la 2ème partie de l'émission, c'est ici.

Une émission imaginée et animée par Richard Gaitet, réalisée par Lucile Aussel avec l’aide d’Adèle Caglar. Programmation musicale : Michael Liot. 

Merci à l’hôtel Maison Montmartre pour leur accueil.

Certaines créations sonores utilisées dans l’émission sont issues de cette plateforme liée à la sortie des Furtifs : https://www.phonophore.fr

Alain Damasio et Yan Péchin en lecture musicale à la Maison de la Poésie de Paris le 4 juillet : https://www.maisondelapoesieparis.com/events/alain-damasio-yan-pechin-entrer-dans-la-couleur/

Photo © Mathilde Beaugé.

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par Richard GAITET
DImanche 12H00-13H00

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