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Arnaud Desplechin : « Bousculer les personnages féminins »

Le cinéaste bibliophile revient sur les « Fantômes d’Ismaël », apologie du désordre et mille-feuilles romanesque dont la version longue est enfin accessible à tous.

 

arnaud desplechin

« Un jour, quand je te perdrai, comment feras-tu pour t’endormir ? » Un jour, un réalisateur fantasque s’aperçoit que sa femme, qu’il croyait morte depuis 21 ans, 8 mois et 6 jours, revient dans sa vie pile au moment où ce presque-clochard qui fait tout « trop », alcoolique, polytoxicomane et insomniaque, allait s’offrir une seconde chance avec une astrophysicienne un peu « nonne » qui fait tout « pas assez ». Le réalisateur fantasque quitte son tournage et s’enferme dans un grenier à Roubaix. Il essaye de reconstruire son existence mais n’y parvient pas. Ismaël se perd au milieu de ses fantômes : celui de son épouse, celui de son frère agent secret, celui du film qu’il essaie d’écrire.

 

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« Une apologie du désordre. » C’est parfois comme cela que mon invité de ce soir, le cinéaste Arnaud Desplechin, résume et définit son dernier long-métrage, Les Fantômes d’Ismaël, présenté hors compétition en ouverture du dernier festival de Cannes, avec dans les premiers rôles Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg. Le film vient d’apparaître en DVD ainsi qu’en VOD, dans une version longue qui avait un peu loupé son rendez-vous avec le public depuis le mois de mai dernier. L’occasion de revenir en détails sur ce mille-feuilles romanesque qui cite aussi bien Rainer Maria Rilke que Flannery O’Connor, où les mystérieuses étrangères que l’on rencontre de nuit dans les aéroports connaissent le nom du château d’Hamlet, où la comédie romantique déboulonne et oxygène le drame intime, où le récit d’espionnage peut devenir un terrain d’exploration psychanalytique, dans un grand geyser de fictions vivantes et compressées à l’enthousiasme communicatif.

 

 

trois souvenirs de ma jeunesse

 

L’occasion également de s’égarer dans la bibliothèque labyrinthique de l’architecte des aventures de Paul Dedalus, où s’entrechoquent Philip Roth, Ibsen, Bartleby, John Le Carré, Emily Dickinson ou Joyce, la tragédie grecque ou les Indiens des plaines… 

 

 

Une émission conçue et animée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Clabaut. Photo et vidéos d’Arnaud Desplechin : Clémentine Spiler.

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