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« Prendre la vie de Laurent Garnier comme un fil rouge de l’histoire de la techno »

« Prendre la vie de Laurent Garnier comme un fil rouge de l’histoire de la techno »

Gabin Rivoire prépare le documentaire « Laurent Garnier : Off the Record ». Le réalisateur et le producteur en discutent avec nous, depuis le Dour Festival.

Par Bastien Stisi

« Ça fait trois ans que le mec me suit, et il ne m’a raconté le scénario que cet après-midi ! Il est très secret ! » Laurent Garnier et Gabin Rivoire préparent ensemble Laurent Garnier : Off the Record, ou l'histoire de la techno vue à travers la carrière du DJ et producteur français, auteur des classiques techno « The Man With The Red Face », « Crispy Bacon », et de dizaines d’autres. Ensemble et depuis le Dour Festival, ils nous racontent la genèse et les avancées du projet, aux micros de Smaël Bouaici et de Piu Piu.

Gabin Rivoire rencontre Laurent Garnier dans le festival qu’il a lancé à Loumarin (le Festival Yeah !) il y a quelques années. Il s’y occupe des vidéos sur place. Ils discutent un peu, apprennent à se connaître, puis discutent un peu plus longtemps. Ils sympathisent même, à tel point que Gabin finit par lire le livre de Laurent (Electrochoc, 2003), bien qu’il ne soit pas spécialement fan de musique électronique. L’idée d’un documentaire émerge bientôt. « Quand j'étais petit, j’écoutais Radiohead, Pink Floyd et Georges Brassens. Le Melody Nelson de Gainsbourg, aussi. Laurent Garnier, mes potes écoutaient, mais je ne comprenais pas vraiment pourquoi c’était intéressant ».

Il se trouve que Laurent Garnier, l’homme sans qui la musique électronique n’aurait sans doute pas eu cette allure-là en France (sans lui, la French Touch, ça aurait été une autre affaire...), en a déjà eu souvent, des sollicitations pour être l’objet de documentaires. Mais lui aime travailler « en famille », ou au moins, avec des gens avec qui il se sent à l’aise et avec qui l’idée de confiance n'est pas une idée galvaudée. Et avec Gabin, le courant passe. Peut-être parce que le réalisateur n’est, initialement en tout cas, pas spécialement fan de cette musique-là, et que l’œil qui est le sien se trouve ainsi peut-être plus objectif qu’un autre.

 Comment impliquer le public qui me suit depuis toutes ces années ?

Trois ans plus tard (« on a bien pris le temps pour faire ce projet ensemble, on n’était pas pressés »), et après avoir passé ensemble quelques dizaines de concerts (il faut savoir que Laurent Garnier tourne énormément), le documentaire est sur le point de prendre forme. Mais il reste du boulot. Des interviews à mener, des archives à récupérer, et le monde, surtout, à prévenir. L’équipe du film a lancé une campagne Kickstarter il y a quelques semaines. L’objectif (financier) est déjà atteint, largement. Son but initial ? Financer un quart du budget total du film. Et impliquer le plus intelligemment possible le public qui suit depuis six longtemps la carrière de ce garçon qui a commencé à l’Haçienda en 1987 sous le nom de DJ Pedro, et qui est devenu, pour tous ceux qui transpirent devant ses sets jusqu’au petit matin depuis des années, « DJ Lolo ». « On s'est demandé : comment impliquer le public qui me suit depuis toutes ces années ? (…) L’engagement des gens va nous permettre de récupérer toutes les images d’archives que l’on veut, de disposer des musiques que l’on veut... de faire quelque chose de beaucoup plus élégant ».

Depuis le Dour Festival, où il a joué à La Petite Maison dans la Prairie durant deux heures (un set relativement court pour cet ancien programmateur de Radio Nova…), Laurent Garnier a répondu ainsi, aux côtés de Gabin Rivoire, aux questions de Smaël Bouaici et de Piu Piu pour notre première émission à Dour de la semaine (20h-minuit sur Nova). « L’idée, ce n'est pas de faire un film sur la vie de Laurent Garnier et de dire en quoi sa vie est absolument géniale. L’idée c’est de le prendre comme un fil rouge et de raconter l’histoire de la techno », dit Gabin. « On veut parler non seulement aux gens qui connaissent et qui ont suivi la techno depuis longtemps (...) mais parler aussi aux gens qui ne la captent pas, cette musique-là », résume Laurent. Ainsi, qui que vous soyez, technophiles, technophobes, indifférents, jetez-y une oreille, à cette interview que l'on vous propose en intégralité.

Laurent Garnier : Off the Record. Le Kickstarter est là.

Visuel © Getty Images / Xavi Torrent