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Jean-Jacques Perrey, pionnier électronique

Jean-Jacques Perrey, pionnier électronique

Nova Classics : « E.V.A. » de Jean-Jacques Perrey.

Par La programmation musicale.

Cet été, Radio Nova revisite ses propres classiques : les raretés de tout bord qui rythment notre antenne, de la soul-funk au hip-hop en passant par les musiques afro-latines et la pop.  Aujourd'hui : « E.V.A. » de Jean-Jacques Perrey.

Tout commence par la découverte de l’ondioline, un orgue électronique précurseur de nos synthétiseurs modernes. Au début des années 60, alors étudiant en médecine, le jeune Parisien Jean-Jacques Perrey est frappé par le potentiel de l’instrument : sans aucune formation musicale préalable, il quitte ses études, apprend à le manier et en devient son ambassadeur principal en Europe, allant jusqu’à être invité à en jouer sur scène pour Charles Trénet et Edith Piaf. Ce succès l’amène à New York, où il devient compositeur de jingles publicitaires et fréquente l’avant-garde de l’électronique, dont Gershon Kingsley (le créateur de « Popcorn »), avec qui il sortira deux disques.

Pionnier de l’électronique à part entière, Perrey sera aussi l’un des premiers à faire connaître le synthétiseur modulaire Moog, qui s’infiltre dès la fin des années 60 dans la musique pop, notamment chez Simon & Garfunkel ou The Doors. C’est d’ailleurs en hommage à ce clavier que Perrey intitule son huitième album solo Moog Indigo : un disque qui paraît en 1970, dix ans après son arrivée aux États-Unis, et qui peine à trouver son public. 

Pourtant, on y trouve un morceau qui deviendra culte : « E.V.A. », une pop-funk instrumentale, piquée d’incursions électroniques et de sons de cloches dans la veine du psyché rock de son confrère Pierre Henry. Contre toute attente, le titre sera redécouvert dans les années 1990 avec l’avènement du sample, alors que, revenu en France, Perrey s’attèle à des projets de thérapie par la musique dans un oubli relatif. E.V.A est notamment samplé par le duo hip-hop Gang Starr sur « Just to get a rep », puis remixé par Fatboy Slim : en tout, à ce jour, c’est environ 70 morceaux qui empruntent, d’une manière ou d’une autre, ce curieux morceau d’un curieux musicien dont l’influence est revendiquée aujourd’hui par beaucoup, de Mr. Oizo à Forever Pavot.

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