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L’Algérie par le viseur de ses jeunes photographes

L’Algérie dans le viseur de ses jeunes photographes

À la Cité internationale des arts, vingt photographes exposent leur vision de l’Algérie.

Par Clémentine Spiler

La Biennale des photographes du monde arabe contemporain se tient depuis la rentrée dans plusieurs lieux parisiens. À la Cité internationale des arts, dans le IVème arrondissement de Paris, le photographe Bruno Boudjelal a monté une exposition du travail de vingt jeunes photographes algériens. Les travaux très éclectiques de cette jeune garde algérienne dessinent une Algérie en ébullition, loin des clichés. 

On a fait quelques pas avec Bruno Boudjelal dans l’expo. Il décrit la série « Ca va waka » de Nassim Rouchiche, qui a photographié les migrants d’Afrique subsaharienne installés à Alger. Mais aussi le travail de Atef Berredjem, « To here from there ». Le photographe voulait faire un tour du monde, chose impossible avec un passeport algérien. Il a donc choisi de prendre le train 64 fois, entre sa ville natale d’Annaba et Alger, parcourant ainsi 40 075 kilomètres, soit la circonférence de la terre. De ce tour du monde intra-algérien, il a tiré une série de photographies.

biennale
© Atef Berredjem

On a aussi croisé à la Cité internationale des arts le plasticien Oussama Tabti, originaire d’Alger. Il expose une série de photo intitulée « Fake », qui immortalise les faux palmiers de Marrakech. Destinés à cacher les antennes téléphoniques, ils se fondent assez mal dans le paysage. Par le biais de ces constructions, Oussama Tabti interroge le regard colonial qui est toujours porté sur la ville marocaine. 

oussama tabti
© Oussama Tabti

On a aussi discuté avec Farouk Abbou, il présente la série « Transvergence ». Des photographies dans lesquelles il s’est photographié, seul, à l’aurore, pendant le ramadan, dans les rues désertes de Maghnia. Il nous décrit l’une des photographies, sur laquelle il se tient sur une place de marché. 

Farouk Abbou
© Farouk Abbou

Enfin, on a rencontré Sihem Salhi, photographe originaire de Constantine qui nous parle de sa série « Lumière d’âme ! » qui raconte spiritualité et le rapport au corps. On vous parlait déjà de Sihem Salhi dans Néo Géo le 10 septembre dernier. Femme, photographe, artiste, et souffrant d’un handicap, elle se bat contre ce qu’elle appelle son « triple handicap » avec une détermination qui force l’admiration. 

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© Sihem Salhi