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Paris Underground

Paris, capitale underground

Monstres sacrés.

Par Jean Rouzaud

Jean François Bizot disait : « l’Underground a démarré à Paris ». Le nom vient du métro (underground) et la succession de personnalités du jazz, de l’édition (Olympia Press), littérature puis lettristes, Beatnicks puis situationnistes ont amené aux hippies et à leur « scène » pop, puis décadente, liée à Amsterdam et surtout à Londres. Des années 50 aux années 70.

Le livre des photos de Jean-Claude Lagrèze montre la fin de cette comète avec les branchés des années 80 : la new wave dans tous ses états, du Palace aux Bains-Douches, et tous les lieux de nuit qui réunissaient ces drôles d’oiseaux !

Ce photographe, très actif dès les années 70 (il nous a quitté en 1994) a débuté avec des photos de stars rock, puis punk, ou les Français rencontraient leurs idoles ou modèles, de Divine, à Iggy Pop ou David Bowie.

Lagrèze organisa des soirées house, nommées « French Kiss » au Palace, puis au Folies Pigalle, au Central, au Bains, au Boy, au Queen, avec une prédilection pour les personnages extravagants, le monde du music-hall et un goût certain pour la beauté physique de cette époque : juvénile et branchée.

Aidée par la mode, la photo, les soirées costumées, cette génération créait ses propres stars, underground ou inconnues : rock critics comme Alain Pacadis, Yves Adrien, musiciens comme Jacno, Elli, Daniel Darc, les Mitsouko, ou des modèles-actrices nées, genre Edwige, Zuleika, Marie France ou Béatrice Dalle.

Ce qui était drôle, c’est que les vraies stars, genre Jagger, se retrouvaient noyées parmi ces vedettes underground, souvent plus recherchées et admirées qu’eux-mêmes !!! Une leçon de modestie, grâce à ce paradoxe des bandes !

Les acteurs venaient voir ces stars du Palace, De Niro ou Polanski, se déplaçaient au Bains, pour croiser ces personnages excentriques et mystérieux…

Paris savait renverser les rôles, comme Londres l’avait fait pendant les « Swinging Sixties », ce grand album d’images restitue cette ambiance, et immortalise bien d’autres étoiles filantes, d’ùu son titre : Paris Capitale Underground.

Paris capitale Underground de Jean-Claude Lagrèze. Éditions de La Martinière. 240 pages couleurs (et noir et blanc). 42 euros (avec des textes d’Ariel Wizman, Julie Delpy, Marie France, Edwige, Mugler, Arielle Dombasle, Patrick Eudeline, Jenny bel Air , Boy George, Nicolas Sirkis, Beatrice Dalle, David Guetta, Pascal Lagrèze, etc.)

 
Visuels : (c) Jean-Claude Lagrèze