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Rave numérique : quand le pixel lèche les murs d’usines

Rave numérique : quand le pixel lèche les murs d’usines

14 heures de rave dans une ancienne imprimerie, c’est cette nuit à Asnières.

Par Christophe Payet

14 heures de live et DJ set pour mettre les musiques électroniques expérimentales à l’honneur. Aux manettes : le label Éditions Gravats, fondé par Low Jack et Jean Carval.

 

Ce label, unique dans le paysage musical français, répond à l’invitation du collectif Sport national, à l’initiative de l’événement. Black Zone Myth Chant, Low Jack, Don’t DJ, Opéra Mort, Cloarec… la noise et l’abstract seront largement représentés de 22h à midi ce vendredi sur le dancefloor de l’Ancienne imprimerie, à Asnières.

Cette ancienne imprimerie est occupée depuis un an par le crew de hip-hop underground Good Dirty Sound, qui invite chaque semaine d’autres collectifs à exploiter ce lieu totalement unique. Trois étages, 2000 m2 et des graffs magnifiques réalisées par Ground effect. Si le squat bénéficie pour le moment d’une tolérance de la part de la propriétaire et des autorités, une soirée début décembre a vu les forces de l’ordre débouler en pleine teuf. Ce vendredi un accord tacite a été trouvé avec la police pour accueillir 500 raveurs et n’ouvrir que le rez-de-chaussée de ce spot impressionnant.

Le collectif Sport national a été créé il y a 1 an pour promouvoir les musiques électroniques “divergentes” (ambient, noise, abstract, indus…) sous-représentées dans la culture du clubbing et de la rave. Pour ses quatre jeunes fondateurs, l’actuel regain d’intérêt pour la house et la techno laisse de côté ces genres à la production pourtant foisonnante.

Le numérique pour remettre la musique au centre

Leur événement fondateur a eu lieu à Molitor, lieu culte des raves des années 90. Tout un symbole. Mais comment sortir de la nostalgie et faire évoluer un mouvement rave dont tous les anciens codes sont aujourd'hui repris dans des pubs et clubs mainstream ?

À l’origine de Sport national, quatre mélomanes, comme ils aiment se qualifier eux-mêmes : Matthieu Auzou, Alexandre Petit, Manon Welfringer et Arnaud Guerry. “Trop souvent la musique est oubliée dans la culture du clubbing, au profit de la fête pure et simple”, regrette Arnaud.

Pour remettre l’expérience musicale au centre de ses préoccupations, Sport national fait converger rave et arts numériques : vjing, Kinect, mapping et réalité virtuelle… Le collectif va même lancer au printemps un “label audiovisuel” pour prolonger cette expérience. 

Entre héritage de l’underground des années 90 et innovations technologiques, Sport national revisite la rave. Dans ce reportage vidéo, Nova est allé rencontrer Arnaud, un des fondateurs de Sport national. 

Visuel : (c) DR