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C'était quoi le problème de Thatcher avec l'acid house ?

Trop de battements par minute pour Margaret.

Par Morane Aubert

En 1989, la Première ministre demande une action immédiate afin d’empêcher la prolifération des soirées célébrant la musique électronique. On est alors en plein Second Summer of Love au Royaume-Uni, c’est l’exultation autour des raves parties.

Cette « nouvelle mode », comme la désigne Margaret Thatcher, est un fléau à éradiquer. Elle entend interdire les rassemblements illégaux sur fond de musique répétitive. Bien que la période coïncide avec une consommation de plus en plus répandue des drogues, notamment de la MDMA et de l’ecstasy, c’est tout simplement, et malgré les idées fréquemment reçues, pour une question de nuisance sonore que la Première ministre serait montée au créneau.

C'est une archive de 1989 du Number 10, cabinet du Premier ministre à Londres, qui montre que les députés étaient plus concernés par la "nuisance causée par le bruit" que par les drogues illégales. 

 

Dans ce mémo, rédigé par une fonctionnaire du gouvernement, Carolyn Sinclair, adressé à Thatcher, on peut lire : « les drogues ne sont pas le principal problème (…) Le principal problème avec les soirées acid house c’est la nuisance causée par le bruit ». Le tout accompagné d’une note manuscrite : « il y a étonnamment très peu d’alcool »

"Beats répétitifs"

Le mémo suggère de combattre ces évènements en infligeant aux organisateurs des grosses amendes lorsqu’ils ne parviennent pas à obtenir leur licence. 

Thatcher aurait découvert l’ampleur du phénomène rave suite à une lettre d’un ancien magistrat, faisant état d’une sale nuit passée à cause d’une soirée qui se serait éternisée jusqu’au petit matin. Ce à quoi la Première ministre avait répondu « si c’est une nouvelle mode, nous devons nous y préparer et de manière préférable, empêcher une telle chose de commencer ».

En 1994, John Major, un autre conservateur, ex-Chancelier du gouvernement Thatcher, a succédé à Margaret au 10 Downing Street. Il fait alors entrer dans le Criminal Justice Act, section 63, une mention spéciale aux raves, donnant à la police le pouvoir de mettre fin à tout évènement comprenant de la musique caractérisée par « l’émission d’une succession de beats répétitifs ». 

Lors de l’été 89, la police britannique recensait 223 soirées acid house dans Londres et le sud-est de l’Angleterre.

Et pour rappel : les raves en Angletterre, lors de cette période dorée, ça donnait ça.

Visuel : (c) DR