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Digger sur les réseaux sociaux, une addiction ?

La revue de presse musicale du 8 août 2018.

Trax Magazine s’intéresse aux diggers. Pas ceux qui fouillent et creusent les bacs des magasins de disques, non, les autres : ceux qui explorent sans relâche les réseaux sociaux à la recherche de nouveaux sons. Il y aurait même une addiction. « Le rituel est bien huilé », écrit le journaliste de TraxMag. « Scroll down sur un groupe Facebook pour passer au crible les dernières nouveautés, zoom sur les posts "accompagnés d’un historique ou d’une anecdote qui attirent l’œil", et voilà Baptiste qui "se laisse guider par l’algorithme YouTube" avec l’espoir secret de tomber sur la perle rare grâce aux miracles de la sérendipité.  Ce DJ en herbe exilé à Berlin passe trois à quatre heures par jour à fouiller la toile à la recherche de "pépites à mixer". Accro au chinage, Baptiste ? L’intéressé préfère parler d’addiction "à la techno et ses dérivés". D’autres, comme Constant, avouent sans complexe leur dépendance au social digging. Cet étudiant parisien de 22 ans passe entre "cinq et sept heures par semaine" à chercher des sons sur la toile pour "redécouvrir le sentiment d’extase lié à la découverte d’une pépite"» Quand la recherche de sons méconnus devient une drogue. Le long article est à lire dans Trax Magazine, et en ligne.

Pas besoin de fouiller longtemps les réseaux pour tomber sur cette histoire, pas complètement claire, et qui implique 50 Cent. Dans une boîte du Queens, New York, une stripteaseuse twerke, entourée d’hommes et de bouteilles de champagne, sous une pluie de billets de 1 dollar. Une caméra de surveillance filme la scène très gênante. Arrive 50 Cent. Il se penche vers la stripteaseuse, ramasse un tas de dollars, façon Fort Boyard à la fin du jeu, quand il faut ramasser un maximum de pièces. Il prend d'énormes liasses puis s’éloigne. Encore plus gênant. Je propose qu’on ne l’appelle plus 50 Cent mais Zéro Cent. L’histoire, vraiment pas claire, et sans grand intérêt c’est vrai, est racontée par le prestigieux magazine NME

Plus utile (et je ne dis pas ça parce que c’est les collègues) nova.fr donne la parole à Saphy Vong, fondateur du collectif Chinabot, qui veut « changer le regard des gens sur la musique asiatique ». « Souvent », dit-il, « lorsque quelqu'un pense à la musique asiatique, il pense à une musique faite de gong, de voix aiguës, principalement chinoises. À des visuels de geisha, ces clichés stupides qui inspirent encore de nos jours les humoristes français ». Saphy Vong regrette la sous représentation des artistes asiatiques dans les musiques actuelles, dans les festivals. On parle bien de musique africaine, latino, dit-il ; donc pourquoi pas de musique asiatique ? D’origine cambodgienne, il a grandi en France et a aujourd’hui 36 ans. « J'habite à Londres », dit-il, « et je ne trouve pas qu’il y ait eut beaucoup de changements entre mon adolescence et maintenant. ». Parmi les musiciens mis en avant l’artiste Fauxe, de Singapour. « Il a produit un album après après avoir passé huit mois en Malaisie l'année dernière, et mélange des samples traditionnels de différents dialectes (Malay, Tamil, Hokkien…) avec des beats hip-hop déstructurés. » Des sons et une interview à retrouver sur nova.fr.

Et pendant ce temps-là. Le feuilleton Aphex Twin continue. Il y a d’abord eu un étrange logo, apparu en différents points de la planète. Puis un communiqué de presse illisible, que seuls les fans ou maître yoda ont eu la patience de déchiffrer. Y aurait-il maintenant du concret ? Un morceau, un clip, un nouvel album dans du papier cadeau ? Oui ! Mais non. Je vous donne l’info telle que je la lis dans Trax : « Intitulé « Aphex Twin: Collapse », le nouveau clip de l'artiste britannique devait être diffusé en avant-première sur la chaîne américaine Adult Swim lundi soir. Mais les fans devront patienter encore un peu. La chaîne a été contrainte d'annuler la diffusion de la vidéo, car elle pouvait potentiellement provoquer des crises d’épilepsie. » En attendant, ça fait toujours parler d’Aphex Twin.

Enfin, avec un petit peu de retard mais on est en août, le temps s’étire un peu. Iggy Pop et Underworld se retrouvent sur quatre titres. « Quatre titres surprenants », nous dit Libération, dans un article publié lundi. En 1996, Iggy et les vétérans rave Underworld étaient déjà appairés sur la bande originale du film Trainspotting de Danny Boyle (avec respectivement le titre « The Passenger » et « Born Slippy »), rappelle Libé. On les retrouve ensemble sur Teatime Dub Encounters, un EP quatre titres issus de sessions clandestines. Quatre titres pour une éventuelle BO de Trainspotting 2. Enregistrées en 2016, ces sessions sont le fruit d’une demande du réalisateur Danny Boyle, mais il n’en a rien conservé pour son film. L’Iguane n’a rien perdu de sa voix qui transperce, ni de son indocilité. Les basses qui pourraient être crispantes forment un lit où Iggy vient clouer son âme punk, fakir inépuisable physiquement, mais moins moralement », écrit Libé, en référence aux textes.

Visuel (c) pxhere

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La revue de presse musicale

par Thierry Paret, Armel Hemme, Camille Diao