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Arthur H : « Le démon de la fuite dans le sang »

En fuite au domicile du chercheur d’or pour parler de « Fugues », lumineux récit autobiographique d’échappée(s) volontaire(s).

« … On doit fatalement s’isoler pour être soi-même. La fugue était une expérience fondatrice qui imprimait le subconscient au fer rouge. Dans ce moment d’ouverture cérébrale, d’incertitude émotionnelle, tous les gestes vécus étaient consignés dans la matière noire du cerveau sous forme de croyances irréfutables qui inspireraient et même contrôleraient la vie future. La fugue était à la fois une libération et une prison. J’étais un cosmonaute novice et comme Neil Armstrong, j’avais fait mon tout premier pas sur la Lune. » 

Arthur H

Et la rampe de lancement de cet astronef existentiel fut retrouvée en Guadeloupe, théâtre tropicalo-psychédélique d’une mise à feu déterminante pour Arthur Higelin, 15 ans, qui faussa compagnie à son père Jacques pour trois mois d'escapade en solitaire au fond des criques, afin d’apprendre à marcher dans ses propres traces, en 1982, en tant que mousse improvisé d’un skipper.

Ce que le chercheur d’or de la chanson française raconte avec panache et lumières dans Fugues (paru en avril au Mercure de France), triple dose d’échappées volontaires où se lit également le récit de la fugue de sa mère, Nicole, qui quitta Argenteuil à 18 ans pour une Corse de far-west brutale. Entre ces deux cavalcades, le désormais quinquagénaire Arthur – prénom prédestiné d’aventurier rimbaldien – engage un dialogue médiumnique avec Jean-Sébastien Bach, pour tenter de comprendre comment fut composé L’Art de la fugue

Artur H

Contexte idéal pour autoriser le juke-box littéraire de Radio Nova à poser son baluchon dans la tour nord du donjon personnel de l’auteur de Quai n°3 (titre d’ouverture de son premier album, en 1990 ; déjà sur le départ), pour causer de cette « affaire sérieuse » qu’est la fugue et du « démon de la fuite ». Sans oublier, en passant, la publication récente de La Musique des mots, anthologie de ses paroles de chansons (éditions Points), ou ce spectacle mis en scène par Wajdi Mouawad, prévu pour novembre, dans lequel Arthur H aura le premier rôle : Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge

 

Au moment de convenir de l’heure du rendez-vous, l’homme à la voix de caverne (d’Ali Baba Love) prévient : « Je prépare ma canne et mes cailloux. Et j’énerve mes chiens. » 

Arthur H

Une émission imaginée et animée par Richard Gaitet, réalisée par Juste Bruyat avec l’aide d’Adèle Caglar.

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par Richard GAITET
Lundi-Jeudi 21H00-22H00

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