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Mika Biermann, dandy de grand(s) chemin(s)

Lauréat 2017 du Prix de la Page 111, cet auteur allemand de péplum, de western ou de roman « insupportable », qui n’écrit qu’en français, nous ouvre sa bibliothèque mentale.

roi

En octobre dernier, nous n’avions lu qu’une page de son dernier roman. Une seule. La cent-onzième, qui lui avait permis de recevoir le rigoureusement absurde et très convoité prix littéraire du même nom remis chaque automne sur Radio Nova. Mérité, franchement : une ode aux beautés des genoux, tirée d’un « péplum rococo » intitulé Roi., paru aux éditions Anacharsis… Et Mika Biermann de recevoir cette nuit-là, outre 111 bisous du public et une dotation de 111 centimes, la récompense d’une résidence à l’année dans cette émission portée sur le fétichisme numérologique. Libre à lui, l’auteur allemand qui n’écrit qu’en français, cerveau fertile de roman d’exploration polaire (Un Blanc), de western crépusculaire (Booming) ou de boucherie sadique (Sangs), par ailleurs guide de musée, de venir quand il le voudrait pour nous parler des livres de son choix. 

Mika Bierman

Et le voici qui débarque de Marseille ! Où il vit depuis quarante ans. Avec des ouvrages qui, tous, selon lui, de près ou de loin, mettent en scène des dandys : le bref essai de Jules Barbey D’Aurevilly sur l’art de la « futilité essentielle », Du Dandysme (1845) ; Le Stéréoscope des solitaires de l’Argentin Juan Rodolfo Wilcock, qui évoque aussi bien Diogène que Rimbaud (1972) ; Putain de guerre, du journaliste américain Michael Herr, sur l’enfer du Vietnam (1977) ; les 26 manières de se soustraire au monde (ou de renoncer à le faire) de son ami Michéa Jacobi (2016). Sans oublier un hommage final à l’un de ses éditeurs, Paul Otchakovsky-Laurens, le fondateur des éditions P. O. L., disparu en janvier dernier.

Le stéréoscope des solitaires

Comme Mika l’écrit dans Roi. : « Les Romains se battaient avec une absence de romantisme que seule l’expérience confère au soldat. 20 % de fatalisme, 50 % de réalisme, 15 % d’autisme, 10 % de sadisme, et 5 % d’héroïsme (...). Pan, dans la gueule, vlan, les tripes à l’air, zip, la gorge tranchée, pas de quoi en faire un flan. » Tous au combat et avé Biermann !

Du dandysme et de George Brummel

 

 

 

 

 

 

Une émission conçue et présentée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Clabaut. Programmation musicale : Michael Liot & Guillaume Girault.

Visuel (c) Paul Rainer / George Brummel

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Lundi-Jeudi 21H00-22H00

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