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Poirier

Poirier nous offre un mix tropical et dansant pour bien démarrer l'été !

Le DJ et producteur québécois de retour à Paris pour une soirée à l'humeur exotique à la Bellevilloise

Par Raphaelle Pluskwa

Depuis « Sowia » qui enchantait les ondes de Radio Nova l’été dernier, Poirier a fait quelques tournées, quelques voyages, et surtout, il s’est mis dans une bulle créative pour composer de nouveaux morceaux. Il les distille à petites gouttes, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. On vous a déjà parlé du remix du titre « Kenke Corner » de Guts, pour lequel il retrouve Samito, et en avril sortait « Le monde est à Nous » feat. Imposs. 

Entre un concert à Dakar et des rencontres musicales au Cap-Vert, Bintou Simporé l'a rencontré, et c’était l’occasion d’en savoir plus sur son travail, ses influences, ses projets… Et pour nous faire patienter, il nous a envoyé un mix !

 

Poirier, vous avez commencé par le deejaying ou par la composition ? Quel est votre parcours ? Celui d’un étudiant qui bidouillait des machines et qui s’est lancé ?

Ça a commencé par la radio ! Je faisais de la radio à l’Université de Montréal sur une station qui s’appelle CISM. Et à force de jouer la musique des autres, ça me donnait des idées pour créer ma propre musique. Je suis donc rentré dans la musique par la composition, et le deejaying est venu beaucoup plus tard, comme un complément. Car la musique que je composais au départ, aux débuts des années 2000, c’était de la musique électronique ambiante, rien à voir avec le dancefloor. Et c’est au fil de mes influences hip-hop, dancehall, reggae, soka, afro, que la dimension deejaying s’est développée.

Quelles sont les musiques qui vous ont influencé ?

Il y a trois grandes familles musicales qui m’ont influencé à l’époque. La musique électronique, je pense aux anglais Warp Records ou Ninja Tune, le reggae, dub, comme King Tubby, et le hip-hop indépendant américain ou britannique. C’était récemment le vingtième anniversaire du premier album de Roots Manuva, Brain New Second Hand, et c’est un disque que j’ai énormément écouté quand je composais mon premier disque. C’était il y a plus de vingt ans !

Mon instrument de prédilection c’est l’ordinateur

Avec quels outils, quelles machines avez-vous commencé à composer ?

Poirier

Un instrument de musique, c’est une interface. Donc tout ce qui permet de créer du son, de l’organiser selon notre oreille pour que ça devienne de la musique, est bon. En l’occurrence, mon instrument de prédilection c’est l’ordinateur. C’est ce qui m’a permis de mettre en musique mes idées, mes intuitions. Le fait d’avoir beaucoup joué la musique des autres m’avait déjà donné la direction vers laquelle me tourner. Il y avait certaines choses que je savais que je ne voulais pas faire. J’ai orienté mon regard et mon oreille vers certains sons, et c’est comme ça que j’ai pu mélanger ces trois courants musicaux, la musique électronique, le reggae/dub et le hip-hop. 

Sur le morceau auquel participe Samito, il semble que votre regard s’est penché sur l’Afrique et les tropiques ?

Poirier et Samito

Oui totalement. Samito est un chasseur du Mozambique qui habite à Montréal depuis une dizaine d’années. Et il a tout de suite saisi la vibe du morceau. On se connaissait depuis des années mais on n’avait jamais fait de musique ensemble. On a une nouvelle chanson tous les deux, qui va sortir bientôt, et on aussi travaillé ensemble sur un remix pour Guts, c’est une très belle relation, et qui s’approfondit et s’enrichit avec le temps.

Vous êtes plutôt tourné vers les vieux vinyls africains, ou plutôt vers les nouvelles créations d’aujourd’hui ?

Je suis vraiment en 2019 ! J’essaie d’interagir, de me glisser dans cette mouvance là, car c’est cette musique-là qu’on joue à Montréal. Je voyage beaucoup, je vois d’autres groupes, d’autres DJ, et j’ai l’oreille à l’affût ! Je suis allé joué en Haïti, Cuba, Mayotte, La Réunion, Ouganda, Cap-Vert, Dakar, et je suis en digging constant. Je suis un peu comme Shazam, mon oreille essaie toujours de repérer les sons !

Nous avons eu le plaisir de découvrir quelques singles que vous avez sorti récemment.

Oui, en avril dernier j’ai sorti « Le monde est à nous », featuring Imposs. Je crois que ça faisait pratiquement 10 ans que j’avais pas fait une chanson en français ! Imposs c’est  un chasseur / rappeur qui était associé à un grand groupe de rap au Québec, Muzion, qui a vraiment marqué l’histoire du Québec musicalement. Je suis très excité d’avoir ce single. Et dans le courant de l’année, il y aura d’autres singles qui vont suivre, et voilà, la magie opèrera !

Poirier sera en concert ce soir, vendredi 7 juin, à La Bellevilloise à Paris pour la soirée D'Humeur Exotique.

Tracklist du mix

  • Gaia Beat - Intro (Dubai Guitar Mix)
  • Loony Johnson - Homi Grandi feat. Zéca di Nha Reinal
  • Blacka - Nha Terra
  • Poirier - Le monde est à nous feat. Imposs
  • Guts - Kenke Corner (Poirier feat. Samito Remix)
  • DZgot - Men Gita
  • Niniola - Bana
  • DJ Spoko - Azange feat. Magaula & Puzuzu
  • Starlight - Picnicing
     

Une interview réalisée par Bintou Simporé à l'Atlantic Music Expo au Cap-Vert, en avril 2019.

Visuel © Captures d'écran YouTube (Poirier - « Sowia » ft. Samito; Poirier « Get Crazy » feat Mr Slaughter)