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Nova Classics : « Manila » de Seleenluft.

Quand la voix trébuchante d’un ado de South Central fait danser l’Europe

Nova Classics : « Manila » de Seleenluft.

Par Isadora Dartial

Cet été, Radio Nova revisite ses propres classiques : les raretés de tout bord qui rythment notre antenne, de la soul-funk au hip-hop en passant par les musiques afro-latines et la pop.  Aujourd'hui, « Manila » de Seelenluft.

Le Nova Classique du jour nous ramène au débuts des années 2000. Seelenluft, musicien suisse, sort en 2002 un titre amené à habiter nos ondes pendant longtemps : « Manila ». Le morceau raconte l’histoire d’un vol vers Manille où tout ne passe pas comme prévu, et dans lequel les passagers se mettent à danser pour contrer le destin. Une danse du désespoir interprétée par un tout jeune garçon californien. Seelenluft a quitté Zurich pour enregistrer à Los Angeles son troisième album, Out Of Woods, sur lequel il invite des gens (non-professionnels) à chanter. C’est le cas de ce petit garçon que l’on entend sur « Manila ». Il a douze ans, habite South Central, le quartier qui jouxte Compton, fief des rappeurs de N.W.A. (Niggaz Wit Attitudes), premier groupe de Dr. Dre dont le nom du premier album (Straight Outta Compton) le rappelle.

Le jeune ado de ce titre de Seelenluft s’appelle Michael Smith, c’est le petit voisin du père de la petite copine du musicien suisse, il n’a jamais chanté de sa vie et n’a pas l’intention d’entamer carrière. Pourtant, il chante pour Seleenluft, et devient Mike Master. Cette prise de voix deviendra l’axe central du morceau, du chanté faux with Attitude (chanté faux avec du style) qui va hanter pendant des années les dancefloors européens notamment grâce à un remix de l’anglais Ewan Pearson.

Visuel : (c) capture d'écran du clip « Manila » de Seelenluft.