Aller au contenu principal
Y aurait-il eu Bowie sans Mick Ronson ?

Y aurait-il eu Bowie sans Mick Ronson ?

La chronique de Jean Rouzaud.

Par Jean Rouzaud

Enfin un documentaire complet sur Mick Ronson, LE guitariste des Spiders from Mars : Bowie après ses débuts difficiles, passant à la lumière avec le Glam Rock, et un son à la hauteur.

Clapton, Beck, Page…et Ronson

Ronno (pour Ron) est non seulement un guitariste hors pair et unique, considéré comme un des quatre mousquetaires de l’Angleterre des guitare-héros avec Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, et en plus un homme fin, simple, honnête et pourtant d’une grande efficacité. Ce garçon a tout de même joué avec Bowie donc, mais aussi Lou Reed, Dylan, Morrissey et Mott the Hoople (Ian Hunter), Elton John, Queen…

Bien sûr, ce fut  la grande période des riffs les plus puissants, déchirants, métalliques et ronflants, enfants naturels des « power chords », ces sons tranchants et déterminants pour les Mods comme pour le British Blues, le Glam Rock…Et qui fit le bonheur de tous les hardeux à venir.

Bowie a confirmé l’influence et la profondeur de Mick Ronson, qui fut respecté et apprécié dans des périodes troublées, dures, affreuses même…de disputes, concurrences, trahisons et « splits » répétés.

Ronson, paradoxe rock

David Bowie ramait encore, vers 1968-69 avec une image romantique de mime, théâtre, dans un style victorien, parfois décadent, psychédélique, post hippy…Il lui fallait une sorte d’assise et d’amplitude en accord avec les exigences d’une musique pop qui devenait mondiale.

Ronson qui avait étudié piano, violon, harmonium…avait les épaules, et représentait le parfait paradoxe Rock : à la fois ange blond, féminin et pailleté, mais aussi un gars du nord, carré et qui envoie (sur scène, Ziggy allait jusqu’à se mettre à genoux devant lui, mimant une fellation à sa guitare magique… !)

Avec sa coupe Mods, en ananas, avec longues mèches (voir Rod Stewart, Keith Richards ou Ron Wood) il était l’incarnation de la dualité inventée par les Anglais dans ces swinging sixties. Bowie changeant tout le temps de groupe, Ronson, très demandé, en fit de même, assurant des grands enregistrements, concerts, hommages, jouant avec les superstars citées plus haut, instrumentiste et producteur.

Un garçon dont le premier groupe s’appelait « The Rats », pour ensuite passer (avec Tony Visconti, autre figure incontournable)  à « The Hype », groupe snob avec un Bowie en quête de reconnaissance et, dix années plus tard, être consacré par les punks, comme un des rares survivants à la razzia hardcore, mérite qu’on s’y attarde.

beside bowie the mick ronson

Ronno donc, reste dans cet espèce d’Éden de quelques apparitions définitives du Rock anglais, période de grâce qui nécessite encore quelques approfondissements.

Merci à Mick Ronson d’avoir fait ronfler sa guitare comme un moteur d’avion, permettant à la fois aigüe et déchirante de Bowie de prendre un envol intercontinental.

Beside Bowie. The Mick Ronson Story. En DVD et Blu Ray (Universal). Un film de John Brewer (avec interview de tous les acteurs de l’époque) + CD 14 titres, distribué par Eagle Vision (avec Elton John, Bowie, Ian Hunter, Joe Eliott, Queen etc.)

Visuel : (c) capture d'écran du trailer