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Le « clic clic » du premier iPod, vous vous souvenez ?

Dix-sept ans après, l’histoire du premier iPod

Le « clic clic » du premier iPod, vous vous souvenez ?

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Chaque lundi, BAM BAM (le Bureau de Affaires Musicales de Nova) fait sa mise à jour. Et vous parle aujourd'hui iPod.

iPod

Il y a dix-sept ans, une nouvelle ère s’ouvrait pour les amateurs de musique. En octobre 2001 sortait en effet un objet révolutionnaire : le tout premier iPod. Souvenez-vous, à l’époque la toute première pub pour l’iPod sonnait comme ça :

Mille chansons ! Ça a l’air de rien comme ça, mais à l’époque c’est une folie. L’iPod est un objet pionnier qui va bouleverser non seulement les habitudes d’écoute, mais aussi la création musicale elle-même. Alors racontons un peu son histoire.

« Pod » pour vaisseau

Le nom, déjà. « Pod » veut dire vaisseau, une occurrence qui renvoie à l’imagerie futuriste qu’a souhaité développer Steve Jobs (le grand penseur d’Apple) et ses collègues, des cerveaux qui ont en tête, en guise de référence, le chef-d’oeuvre de Stanley Kubrick 2001, l’Odyssée de l’espace. Dans le film de 1968, il y a notamment cette phrase « Open the Pod Bay Door, Hal ». Il suffit d’ajouter un « i » devant le term « pod », et voilà, le nom de l’objet est tout trouvé.

Bienvenu dans l'ère du minimalisme

Le concept, c’est donc ensuite de permettre à l’heureux possesseur d’un iPod de stocker 1000 chansons dans sa poche. Les premiers modèles ont un disque dur de 5 giga, et ne sont compatibles qu’avec Macintosh, et coûtent déjà 400 dollars. C’est cher mais la stratégie d’Apple, c’est de remplacer tous les autres modes de consommation. Adieu vos disques, vos vinyles, vos cassettes : et bienvenue dans l'ère du minimalisme.

Le tout premier iPod est un bel objet carré, qui fait « clic clic » quand on tourne sa molette et sur lequel on ne fait qu’écouter de la musique. Pas de jeux, pas de blabla, pas de distraction : ici, les mp3, les bootleg, les mashup, les morceaux rippés sur Napster, sur Kazaa, sur Limewire, les playlists sont reines. Et pour ceux qui n’avaient pas de quoi s’offrir un tel objet de valeur, on se souvient d’avoir bavé devant les pubs assez mythiques, notamment grâce à leur BO et à leurs chorégraphies ultra colorées. Rappelez-vous, on entendait notamment N.E.R.D, Jet, Stereogram, les Black Eyed Peas, ou Caesars.

Après l’iPod originel, on eut le droit à de nouvelles molettes qui font un clic clic qu’on n’oublie pas, puis à l’iTunes Music Store, puis à l’iPod mini, à l’iPod photo, à l’iPod shuffle, à l’iPod classique, à l’iPod nano. On s’y perd un peu, et sans doute qu’Apple eux-mêmes y ont perdu au change.

L'iPod, le dernier des baladeurs

En s’adaptant à la concentration technologique, petit à petit l’iPod est aussi devenu un disque dur, une photothèque, un petit ordinateur, un appareil photo, une console un peu pourrie. Et la promesse de posséder dans sa poche une infinité de musique a perdu elle-même de son charme. Et l’on en vient à se demander si Apple n’a pas créé, en plus de l’obsolescence de son produit, l’obsolescence de son concept. Car l’iPod, finalement, a été le tout dernier baladeur de l’histoire des baladeurs. Après avoir vendu quelques 214 millions d’iPod, tous modèles confondus, Apple a cessé d’en produire de nouveaux.

Le iPhone et le développement des plateformes de streaming devaient prendre le relai, et introduire, déjà et très vite, une idée d'amertume et de nostalgie auprès de ceux qui adoraient tant cet objet. C'est qu'à l'époque, les morceaux que l'on choisissait de mettre à l'intérieur de notre iPod était primordial. On passait son temps à trier, choisir ce qu’on voulait garder, ou non. On écoutait, on classait, et on en était fier de montrer aux autres notre bibliothèque iTunes - et les 1000 morceaux (ou moins) que l’on avait choisis avec beaucoup d’attention.

BAM BAM, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuels : (c) Getty Images / Kim Kulish / Contributeur