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Bertrand Belin : « De la résignation, de la colère » (1/2)

Plus politique qu’à l’accoutumée, le crooner vif-argent signe un roman-fable sur les carnassiers du libéralisme, doublé d’un disque élégant où s’affirme tout en subtilité son soutien naturel aux classes populaires.

book box belin

« Le récemment promu, qui s’entraîne depuis longtemps à ne rien éprouver qui puisse l'ébranler, a ceint ses méninges de douves », peut-on lire dans le troisième roman de Bertrand Belin, mystérieux, mordant, intitulé Grands Carnivores et publié il y a peu aux éditions POL. Ce récemment promu « directeur des entreprises de boulons, de ressorts, de roues dentées » a des crocs plein la bouche et la pensée. Ce méchant de conte est un squale ultra-libéral, roi de pique et coeur de pierre « échouant à devenir l’objet de quelque véritable amour, a rapidement substitué au plaisir d’être aimé, celui d’être redouté ». Un requin – titre déjà du premier roman, en 2015 – plus requin que les requins eux-mêmes. Un prédateur qui a de la concurrence lorsqu'une rumeur s'abat sur la ville : les fauves du cirque se sont échappés, on va se faire manger.

Roman frappant d'inquiétudes sociales et de violence macro-macron-économique, qui présente des échos naturels avec le bel album qui paraît simultanément : Persona, le sixième du crooner vif-argent de 48 ans (Cinq 7 / Wagram), « disque en rase-motte, composé à un mètre du sol », en empathie avec « des hommes et des femmes sur le cul », des « camarades qui travaillent » comme des « chiens » et qui finissent par « glisser », qui ont peur de n’avoir « plus de paix de paye de pays de pain » et qui redoutent un été « de ciels embrasés de Canadairs ». Garde-à-vous, gare à vous : tel le Grand Duc de sa chanson, Belin voit tout, entend tout.

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De quoi déplier la mécanique de son écriture, en parlant de son enfance, de Flaubert, de Beckett, de Bashung, des Gilets Jaunes ou de l’art du « ressassement » péché chez Christophe  Tarkos, le temps d'une interview en deux épisodes d'une heure, ponctuée de deux chansons en live.

Pour écouter la 2ème partie de l'émission, c'est ici.

Une émission imaginée et animée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Clabaut. Photo, vidéo : Morane Aubert & Massinissa Naït Mouloud. Merci à l'Hôtel Maison Montmartre pour leur accueil.

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Emissions

Nova Book Box

par Richard GAITET
Lundi-Jeudi 21H00-22H00

Fauve d’Or du meilleur album à Angoulême 2019, la dessinatrice américaine de « Moi ce que j’aime c’est les monstres » sort ses griffes au Louvre ainsi qu’au Forum des Images de Paris, invitée du festival parisien Bédérama. Bouh !

« Ne pas avoir peur de la douceur », avec Emil Ferris et Lorenzo Mattotti

Bouh ! Dialogue avec la dessinatrice américaine de « Moi ce que j’aime c’est les monstres » et le réalisateur italien de « La Fameuse invasion de la Sicile par les ours », invités prestige du festival Bédérama.

Jodorowsky : « Ni le pouvoir, ni l’argent, ni la célébrité » (2/2)

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Quête spirituelle au domicile du poète et réalisateur chilien de « La Montagne sacrée », de retour au cinéma avec un extraordinaire documentaire sur cet art qui guérit : la psychomagie.

Jodorowsky : « Ni le pouvoir, ni l’argent, ni la célébrité » (1/2)

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