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Nouvo Nova : « Blue World » de Mac Miller

Sur son album posthume, le monde de Mac Miller est bleu

Nouvo Nova : « Blue World » de Mac Miller.

Par La programmation musicale

Chaque jour, Nova met un coup de projecteur sur une nouveauté : le Nouvo Nova vous présente les coups de cœurs de la programmation, afin que vous ne ratiez rien des dernières trouvailles qui nous ont titillé l’oreille. Aujourd'hui : « Blue World » de Mac Miller.

Le nouvel album de Mac Miller, on le sait, sera destiné à être son dernier. Disparu en septembre 2018, le rappeur de Pennsylvanie n’avait clairement pas fini d’explorer son potentiel, dont on comprend la portée sur Circles, paru vendredi dernier — deux jours avant son anniversaire. Il aurait eu 28 ans.  

Sous ses airs de sale gosse nonchalant, Mac était un talent rare. Un rappeur qui savait aussi jouer, de plusieurs instruments, et sur plusieurs tableaux. À la fois pop star et rat de studio, toujours plus connu par le grand public pour ses relations et ses addictions que pour sa musique. Sur Nova, il était arrivé par la grande porte aux côtés d’Anderson .Paak. Forcément, on l'avait laissé rentrer, avec ce titre : « Dang! », bijou de groove moderne, qui réchauffe encore nos soirées.

Au fil des disques, Mac a laissé transparaître une vraie sensibilité éraillée, une vraie mélancolie pop. Sur Circles, il n’est plus rappeur. Peu importe, on est ailleurs. Le tempo est ralenti, la lumière tamisé : à l’écoute du disque, on est bien en studio avec lui, avec ses doutes, ses craintes. Avec son producteur, Jon Brion, qui aura dû terminer seul l’enregistrement du disque. Et tiens, avec Disclosure aussi : le duo anglais aura lui aussi prêté à Mac Miller ses talents sur « Blue World », le morceau le plus rythmé de l’album, créé à partir d’un sample de polyphonies hachées (les voix des Four Freshmen, groupe vocal des années 1940). Un titre qui a lui seul illustre tout le tourment et tout le talent d’un homme qui voyait le monde en bleu : un monde solitaire qui, dit-il, le rendait fou, mais qui ne lui faisait pas peur, car « un de ces jours, on s’en sortira ».

Visuel © Christian Weber